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Quand le cerveau sait ce que les yeux ne voient pas.

Au moment de l'appel des tireurs, je vois les autres sortir leur jumelle.

Je sais que je n’ai pas la mienne.

Ben oui, je découvre cette compétition.

Je n’en ai donc pas.


Première compétition en 25m. Trois mois dans la discipline. Seize mois de tir en tout. Et pas de jumelle pour corriger entre les séries, pas de feedback externe, pas de repère visuel sur mes impacts, rien.


J'ai alors deux options.

Paniquer, ou faire confiance.

J'ai choisi la deuxième. Pas par bravoure, juste par réflexe, par état d’esprit.

Parce que le cerveau humain est ainsi construit : face à l'imprévu, il ne repart pas de zéro. Il cherche le protocole le plus proche qu'il connaît. C'est ce que les neurosciences appellent la flexibilité cognitive, cette capacité à adapter une réponse connue à une situation nouvelle, sans s'effondrer.


En séance d'entraînement, j'ai déjà l'habitude de ne regarder le résultat qu'à la fin. Exprès. Pour sortir mon attention du score et la remettre là où elle appartient : dans le geste.

Trop d’athlètes ont leur focus sur le résultat mais c’est le chemin qui compte, et le chemin c’est la répétition, celle qui crée le succès.

Ce jour-là, ce n'est donc plus un choix de méthode. C'est la méthode qui prend le relais.

Le concours c’est six séries.

Il y a 30 tirs de Précision puis 30 tirs de vitesse. Mais là ce sera sans correction possible.


Je laisse parler mes trois axes de travail d’entrainement : Concentration, Lâcher, Sensibilité qui sont devenus pour le coup, les seuls repères disponibles. Pas les 10 que je n'arrivais pas à voir tomber, pas le classement, ni le stress de la salle.

Juste le processus. Celui que j’ai répété, automatisé, ancré par des centaines d'heures de séances. Je vais faire confiance au processus.


C'est la puissance de l'automatisme : ce n'est plus toi qui décides sous pression. C'est le corps qui sait parce qu'on lui a appris à savoir.

Je rentre avec 544 points et une qualification pour les régions.

544 pour une première, c’est incroyable.


Je suis dans ma moyenne haute, mais en compétition et sans jumelle.

Je ne vais pas faire semblant que ça ne me rend pas fier, non je le suis.


En entreprise, c'est exactement la même mécanique. Il y a des moments où le tableau de bord est vide.

Où les chiffres n'arrivent pas à temps.

Où le marché ne donne pas de signal clair.

Où la réunion tourne et personne n'a la réponse.

C'est là que se révèle ce qu'on a vraiment construit.


Le dirigeant qui a travaillé ses automatismes de décision ne s'effondre pas dans le silence de l'information.

Il s'appuie sur sa concentration, car il sait ce qui compte vraiment dans cette salle.

Il s'appuie sur son lâcher, et ne force pas une décision qui n'est pas encore mûre.

Il s'appuie sur sa sensibilité, car il sent le bon moment pour agir.

Pas parce qu'il a tout prévu. Parce qu'il s'est préparé à ne pas tout avoir. C'est ça, la préparation mentale appliquée au monde professionnel.

Pas de la motivation.

Pas du positif à tout prix.

Des automatismes robustes pour les jours où les conditions ne sont pas réunies.


Tout ça se prépare, c’est ça mon job…

Souviens toi : « ce n’est pas le jour du naufrage, que l’on apprend à nager ».


Si tu me découvres, je suis Thierry Ferrari, préparateur mental et expert en mise en action. Dans le mil est mon laboratoire. J'y mets à l'épreuve, sur moi-même, ce que j'enseigne sur la performance, la lucidité et l'adaptation.


Parce qu'on ne comprend vraiment un système qu'en l'incarnant.

 

 
 
 

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